De considérer la substance sortant par une voie inhabituelle comme annulative des ablutions

Sheikh Ferkous

Question : Si une substance annulative des ablutions est évacuée par une voie inhabituelle – tel le ventre –, peut-elle invalider les ablutions ? Puisse Allâh vous récompenser.

Réponse : Louange à Allâh, Maître des Mondes ; et paix et salut sur celui qu’Allâh a envoyé comme miséricorde pour le monde entier, ainsi que sur sa Famille, ses Compagnons et ses Frères jusqu’au Jour de la Résurrection. Cela dit :

Ce qui est établi, en principe, concernant les annulatifs des ablutions est de tenir compte : des deux issues et de la manière. C’est-à-dire : des excréments qui sortent des deux orifices et de la minière avec laquelle ils sortent. Les excréments qui sortent suite à une maladie, telle l’incontinence urinaire, les gaz et autres, n’annulent pas l’état de pureté pour la prière en question.

Mais le fidèle doit renouveler ses ablutions pour chaque prière. Ce jugement est déduit par analogie avec le hadith du Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم quand il dit à Fatima bint Abî Houbaych رضي الله عنها qui était atteinte de pertes (moustahada) : « Accomplis les ablutions pour chaque prière.»(1)

En revanche, si les excréments s’évacuent par une voie inhabituelle, comme l’urine qui sorte du nombril, cela n’annule guère les ablutions, car ils n’ont pas sorti des deux orifices habituels. Selon l’école hanafite, pour que les ablutions soient annulées, on tient plutôt compte de ce qui sorte et non d’où il sort, y sont inclus les deux orifices. L’avis le plus prépondérant reste néanmoins le premier.

On fait remarquer que la personne qui se voit changé l’issue pour un orifice anormal, le statut juridique en change également. À l’exemple de ce malade opéré à qui on a confectionné une poche pour contenir ses excréments qui sortent de son ventre au lieu de son orifice habituel. Cette personne doit refaire ses ablutions pour chaque prière, à l’exemple de la femme atteinte de pertes (moustahada), car ces excréments sortent par les fesses à cause de la maladie.

Le savoir parfait appartient à Allâh, et notre dernière invocation est qu’Allâh, Seigneur des Mondes, soit loué et que prière et salut soient sur notre Prophète, ainsi que sur sa Famille, ses Compagnons et ses Frères jusqu’au Jour de la Résurrection.

Alger, le 11 de Djoumâdâ At-Thâniya 1426 H,
correspondant au 17 juillet 2005 G.

Source : Tiré du site de Sheikh Ferkous

(1) Rapporté par Al-Boukhârî(228), d’après ‘A’icha رضي الله عنها.

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