De la sagesse pour laquelle il est interdit de ressembler aux mécréants

Sheikh Mohammad Ali Ferkous

Question : En quoi consiste la sagesse dans le fait de se différencier de ceux auxquels il nous a été ordonné de nous distinguer ? Quelle est la norme concernant l’habillement ? Qu’Allâh vous accorde la meilleure récompense.

Réponse : Louange à Allâh, Maître des Mondes ; et paix et salut sur celui qu’Allâh a envoyé comme miséricorde pour le monde entier, ainsi que sur sa Famille, ses Compagnons et ses Frères jusqu’au Jour de la Résurrection. Cela dit :

Ce qui est certainement attendu comme sagesse dans l’interdiction d’imiter les mécréants dans leurs coutumes et leurs façons de s’habiller est le fait de repousser un risque imminent et un grand péché causés par le fait d’être en accord avec eux. Les imiter dans leur apparence pourrait conduire les cœurs à se pencher vers eux et être leurs associés dans ce qu’ils considèrent comme bon, mais que notre religion réprouve et condamne. Bien plus, les imiter dans leur apparence pourrait conduire à agréer les égarements de leur foi, en plus du fait de les agréer dans leur conduite obscène et dans leurs mauvaises mœurs.

Cela mène, d’une façon ou d’une autre, à se détacher de l’Islam et à s’en éloigner. Voilà la finalité exécrable contre laquelle le Législateur a mis en garde. Il a barré la voie qui mène à cela en interdisant d’imiter les mécréants et en ordonnant de se différencier d’eux. Le Prophète صلى اللهُ عليه وآله وسَلَّم a dit : «Quiconque imite un peuple, en fait partie.»(1) Le moins que ce hadith puisse signifier est l’interdiction de les imiter ; quoique son sens apparent implique l’apostasie de celui qui les imite ; comme on le trouve dans la Parole d’Allâh عزّ وجلّ :

﴿وَمَن يَتَوَلَّهُم مِّنكُمۡ فَإِنَّهُۥ مِنۡهُمۡ﴾ [المائدة: 51].

﴾Et celui d’entre vous qui les prend pour alliés, devient un des leurs.﴿ [s. Al Mâ’ida (la Table Servie) : v. 51](2)

En se basant sur cet exposé, il est possible de montrer ce qui a conduit à l’interdiction. Cela se résume dans la règle mentionnée par Ibn Taymiyya dans son livre Al-Iqtidâ’ en disant : « Les choses dont le principe est licite pour nous et que les mécréants font, il nous incombe de nous en différencier par la manière de la faire. Par contre, les choses qui n’appartiennent pas à notre religion et qui existent dans leurs religions innovées ou abrogées, il ne nous est pas permis de les imiter ni dans le principe ni dans l’aspect extérieur. »(3)

Ainsi, du moment que la raison derrière l’interdiction d’imiter les mécréants est devenue manifeste, et que s’habiller est un acte licite dans notre religion et eux aussi le font, il nous incombe alors de nous distinguer dans la façon dont nous le faisons, à condition qu’elle soit aussi religieusement permise, tout en remplissant les conditions de l’habit religieusement autorisé.

Le savoir parfait appartient à Allâh, et notre dernière invocation est qu’Allah, Seigneur des Mondes, soit loué et que prière et salut soient sur notre Prophète, ainsi que sur sa Famille, ses Compagnons et ses Frères jusqu’au Jour de la Résurrection.

Alger, le 02 de Ramadân 1418 H.
correspondant au 19 décembre 1997 G.

Source : Ferkous.com

(1) Rapporté par Ahmad (5232) et Aboû Dâwôud (4033), d’après Ibn ‘Omar رضي الله عنهما. Ce hadith est jugé authentique par Al-‘Irâqî dans “Takhrîdj Al-Ihyâ’ ” (1/359), et considéré comme Haşane (bon) par Ibn Hadjar dans “Fath Al-Bârî” (10/288) et Al-Albânî dans “Al-Irwâ’ ” (1269).

(2) Cf. : “Iqtidâ’ As-sirât Al-moustaqîm” d’Ibn Taymiyya (1/270).

(3) Ibid. (1/214).

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